Une seule plante, et tout un mariage
Un mariage franco-néo-zélandais, célébré en 2022 dans un domaine de famille, en Beauce. Nous avons écrit et célébré la cérémonie, puis organisé la réception.
Le fil conducteur tenait en une plante : l’herbe de la pampa, en écho aux paysages d’Amérique latine que le couple aime.
C’est un choix plus exigeant qu’il n’y paraît. Une seule matière répétée du début à la fin donne une cohérence que rien d’autre ne donne, mais elle ne pardonne pas l’à-peu-près : il faut en avoir beaucoup, de la même teinte, et savoir la faire tenir.
La cérémonie, en sous-bois
L’allée était un long tapis clair déroulé sur le sol de la forêt, bordé de chaises pliantes en bois. Au bout, une arche circulaire, encadrée de deux hautes gerbes de pampa montées sur socle, hautes comme un homme.
Le cercle, plutôt que l’arche classique en portique, encadre les mariés au lieu de les surplomber. Sur les photographies, il fonctionne comme un viseur : où que se place le photographe, le couple reste dedans.
Steven et Paul ont remonté l’allée ensemble, main dans la main, sous les applaudissements de leurs invités debout.
Le dîner, sous un ciel de guirlandes
Pour la réception, la pampa a changé d’échelle. Elle est montée en compositions monumentales au-dessus d’une longue table unique, mêlée à des roses poudrées, portée par des chaises dorées et du linge rose pâle.
Au-dessus, un ciel entier de guirlandes lumineuses, et au fond, un mur de lumière. Ce sont deux effets qui font tout le travail du soir : ils abaissent visuellement le plafond, ils réchauffent la couleur, et ils dispensent d’éclairer la salle par le haut.
Beige, doré, rose poudré, et rien d’autre. C’est cette discipline-là qui fait tenir l’ensemble.
Un décor qu’on ne pourrait plus refaire à l’identique
Ce mariage est antérieur à une décision qui change tout, et nous préférons le dire plutôt que de laisser croire qu’on peut le reproduire tel quel.
L’herbe de la pampa (Cortaderia selloana) est interdite en France métropolitaine depuis l’arrêté du 2 mars 2023. Elle figure sur la liste des espèces exotiques envahissantes préoccupantes pour l’Union européenne : son introduction, sa détention, son utilisation, son échange, son transport à l’état vivant et sa commercialisation en plants sont interdits. Jardineries et fleuristes n’ont plus le droit de vendre de pieds vivants.
La raison tient en une phrase : un seul pied produit des millions de graines que le vent emporte très loin, et la plante s’installe ensuite au détriment des espèces locales.
Si cette esthétique vous plaît, elle reste atteignable autrement : des panicules séchées acquises avant l’interdiction, des versions artificielles de bonne qualité, ou d’autres végétaux qui donnent le même volume aérien, comme la queue-de-lièvre, l’avoine, le roseau ou les graminées séchées locales. Le rendu photographique est très proche, et rien de tout cela n’essaimera dans les dunes d’à côté.
Le reportage
Le mariage en images
7 photographies. Cliquez pour agrandir.