Une propriété privée du Sud, 2013
Carla et Ben ont choisi une propriété privée du sud de la France. Nous n’en dirons pas plus : les propriétaires tiennent à leur discrétion, et cela fait partie du contrat.
Ils avaient décidé d’installer leur table devant le panorama. C’était la bonne décision, et sur les photographies on ne voit que cela : une longue table blanche sous les oliviers, des chandeliers dorés, des pivoines, et les collines derrière.
Ce qu’on ne voit pas, c’est qu’à cet endroit précis, il n’y avait rien. Quatre-vingts invités, et pas une prise de courant.
Tout est venu d’un groupe électrogène
Il a fallu en louer un, et un puissant. Pas pour la guirlande d’ambiance : pour faire tourner un mariage entier.
Dessus étaient branchés les camions du traiteur, qui consomment plus que tout le reste réuni, les sanitaires mobiles, la sonorisation et l’éclairage.
C’est le calcul à faire en visitant un terrain nu, et il se fait rarement. On regarde la vue, on imagine la table, et on oublie que la cuisine d’un traiteur pour quatre-vingts couverts est une petite usine. La puissance se calcule avant de réserver, poste par poste, avec le traiteur et le DJ, et elle se loue avec une marge.
Il n’y a pas que des bougies
Sur les photographies, on croit voir un dîner à la seule lumière des chandeliers. C’est faux, et c’est bien le but.
Toute l’allée était éclairée, et tout le pourtour de la table aussi. Sans cela, personne ne voit son assiette, personne ne marche sans risque, et le photographe ne fait rien.
La bougie ne sert pas à éclairer, elle sert à être vue. L’éclairage, lui, se cache : au sol, dans les arbres, derrière les troncs. C’est la règle d’un dîner en extérieur, et c’est une ligne de devis à part entière.
Et le groupe a sauté
Juste avant l’entrée des mariés.
Nous avons retardé leur entrée, le temps que le réparateur arrive. Les invités ont attendu, et pour eux ce fut un moment un peu plus long que prévu, sans plus.
Ce qui a sauvé la soirée n’est pas une astuce, c’est un numéro de téléphone. Quand vous louez un groupe électrogène, demandez qui intervient en cas de panne, en combien de temps, et un dimanche soir. Si la réponse est évasive, changez de loueur. Tout votre mariage tient à cette machine : la cuisine, la musique, la lumière et les toilettes s’arrêtent ensemble.
Le sol, et les serveurs
Le terrain n’était pas stable. Les serveurs n’étaient pas à l’aise, et ils avaient raison de ne pas l’être : ils portent des plateaux chargés, de nuit, en marchant à reculons entre deux chaises.
Il n’y a eu aucun accident. Mais c’est le genre de chose qui se règle en amont : un passage de service dégagé, plat et éclairé, quitte à le faire passer derrière plutôt que le long de la table. Et on le montre à l’équipe avant le service, pas pendant.
Sur les sanitaires mobiles, tout ce que nous avons appris est dans cet article.
Le décor : une seule pièce, répétée
Dans un endroit pareil, la tentation est d’en ajouter. Nous avons fait l’inverse et concentré le budget décor sur un seul élément, répété tout du long : de très grands chandeliers en métal doré et verre, assez hauts pour porter la flamme au-dessus du regard.
C’est un choix technique autant qu’esthétique. Une bougie à hauteur d’yeux éblouit et gêne la conversation ; placée haut, elle éclaire les visages par le dessus, ce qui est aussi la meilleure lumière pour le photographe. Et leur poids les rend insensibles au vent, qui décide du sort de tout ce qui est léger en extérieur.
Autour, presque rien : nappe blanche, chaises Chiavari blanches, assiettes cerclées d’or, et des pivoines en fuchsia, rose pâle et lilas. Le doré ne revient qu’à trois endroits, le pied des chandeliers, la vaisselle et les petits vases. Le vrai décor, c’était le paysage.
Le reportage
Le mariage en images
5 photographies. Cliquez pour agrandir.