Domaine de Villemont, 2018
Fanny et Jérémy voulaient un décor champêtre simple, avec des touches de violet. C’est ce qu’ils ont eu, et la salle du domaine de Villemont s’y prêtait : des murs de pierre, une charpente apparente et une grande cheminée en fond de salle.
Trois choses ont marqué cette journée. Aucune n’était prévue au départ.
Le drapé qu’on ne pouvait pas accrocher
Ils y tenaient absolument : un drapé tendu dans la salle.
Les propriétaires ont refusé net. Pas d’agrafes, pas de clous, pas un seul trou, ni dans les murs ni dans la charpente. C’est une règle fréquente dans les lieux anciens, et elle est parfaitement légitime : une poutre de cet âge-là ne se répare pas.
Le problème, c’est que le drapé est précisément ce qui transforme une salle. La hauteur est ce que l’œil accroche en entrant, bien avant ce qu’on pose sur les tables. Refuser les fixations, c’est refuser la moitié de la décoration.
Du scotch double face transparent et du fil de pêche. C’est tout. Le scotch se trouve pour quelques euros chez Action, le fil de pêche porte sans se voir, et ni l’un ni l’autre ne laisse la moindre marque.
Une précision honnête, parce qu’elle change tout : cela n’a marché que parce qu’il y avait des poutres. Sans elles, rien à quoi passer le fil, et la réponse aurait été non. Si vous visez ce genre de décor, regardez le plafond avant de signer, et posez la question des fixations pendant la visite : elle fait partie de nos douze questions.
Ils ont eu leur drapé, et le domaine a retrouvé ses murs intacts le lundi matin.
On le voit sur trois des photographies : les voiles partent des murs de pierre et convergent vers la poutre centrale.
Une cérémonie laïque, sans officiant
Ils voulaient une cérémonie écrite pour eux. Ils n’avaient personne pour la célébrer.
C’est une situation que nous rencontrons souvent : le couple décide d’une cérémonie laïque, puis découvre tard qu’il faut quelqu’un dont c’est le métier pour la porter devant cent personnes.
J’ai donc officié leur cérémonie. Et le même jour, j’ai assuré toute la mise en place et la coordination des prestataires.
Confier les deux à la même personne a un avantage concret : celle qui célèbre connaît le déroulé par cœur, puisque c’est elle qui l’a écrit. Pas de passage de relais, pas de briefing de dernière minute, personne à rattraper si un horaire glisse.
C’est l’un de nos deux métiers, et nous le faisons en français, anglais, portugais et espagnol.
Et puis les motos sont arrivées
Une partie des invités est venue à moto.
Elles se sont rangées en épi dans la cour du domaine, casques posés sur les réservoirs. L’arrivée a fait un bruit que personne dans la salle n’a manqué. Ça pétaradait, et il y avait de l’ambiance.
Le détail que nous n’avons remarqué qu’en regardant les images des années plus tard : le carénage de la première est jaune et violet. La couleur du mariage, par pur hasard.
C’est exactement le genre de chose qu’on ne peut ni prévoir ni commander, et qui donne à une journée sa couleur à elle.
Le décor, dans le détail
Deux couleurs, et rien d’autre : le blanc et le violet. Les nœuds de chaise en satin violet sur des housses blanches, les serviettes violettes, les marque-places violets.
Le champêtre venait des matières plutôt que des teintes : des rondins de bois sous les centres de table, des petits pots à couvercle vichy, des bouteilles étiquetées à la main, des bougies.
Et les fleurs suivaient la même règle : lisianthus violets et gypsophile blanche, dans le bouquet de la mariée comme sur les tables.
C’est la démonstration de quelque chose que nous répétons souvent : deux couleurs tenues jusqu’au bout font plus d’effet que six couleurs bien intentionnées.
Le reportage
Le mariage en images
8 photographies. Cliquez pour agrandir.