Beaucoup de couples n’osent pas poser la question. Ils la gardent pour eux, ils espèrent qu’elle se réglera toute seule, et ils découvrent la réponse trois semaines avant le mariage, en relisant un contrat.
Alors posons-la franchement : faut-il prévoir un repas pour ses prestataires ?
Oui. Un grand oui. Et comme ce oui s’explique, voici pourquoi.
Vos prestataires ne sont pas vos salariés
Première chose à clarifier : vos prestataires ne sont pas vos salariés, et vous n’êtes pas leur patron. Ce sont des professionnels indépendants, avec qui vous avez signé un contrat.
Mais justement, comparons un instant.
Quand vous êtes salarié, votre employeur vous accorde une heure, une heure et demie pour déjeuner. Vous pouvez même quitter votre lieu de travail : aller au restaurant, faire une course, prendre l’air et revenir.
Sur un mariage, il n’y a pas de pause. Pas une seule.
Quinze à dix-huit heures d’affilée
Un photographe qui commence aux préparatifs arrive à sept heures du matin. Il repartira après la pièce montée, parfois après l’ouverture de bal. Le DJ installe son matériel l’après-midi et joue jusqu’au bout de la nuit.
Entre les deux, aucun d’eux ne s’absente. Jamais.
Imaginez le contraire une seconde. Votre photographe, présent depuis sept heures du matin, décide de prendre sa pause à seize heures pour aller manger. Et il rate la cérémonie.
Vous ne seriez pas contents. Et vous auriez raison.
Aucun prestataire ne fera jamais ça. Ils ont une conscience professionnelle, et elle passe avant leur estomac. C’est précisément pour cette raison qu’il faut y penser à leur place.
Il n’y a pas de pause déjeuner sur un mariage. Il n’y en a jamais eu.
Ils font tous plus que leur prestation
Et il y a autre chose, qu’on oublie quand on ne regarde qu’une facture.
- Le photographe fait toujours plus que « juste » des photos. Il a un regard, il a une âme artistique. C’est d’ailleurs pour cela que vous l’avez choisi lui, et pas un autre.
- Le DJ fait toujours plus que mettre de la musique. Sinon, branchez une playlist sur un téléphone et n’en parlons plus. Il lit une salle, il sent le moment où ça bascule, il relance quand ça retombe.
- Le traiteur fait toujours plus que servir à manger.
Tout le monde se met en quatre pour vous satisfaire. Rien de tout cela n’est écrit dans un contrat, et c’est pourtant exactement ce dont vous vous souviendrez.
Ce que je vois, moi, à chaque mariage
Je ne compte plus les fois où j’ai commencé le repas avec le DJ et le photographe à ma table, et où ils n’ont pas eu le temps de terminer leur bouchée.
Ils se lèvent, ils se précipitent. Parce qu’il se passe quelque chose. Un discours qui n’était pas prévu. Une surprise. Un moment qu’il ne faut pas rater, et qui ne se rejoue pas.
Ils reviennent, leur assiette a refroidi, et ils ne disent rien.
Un repas chaud. Pas un sandwich.
Fournir un repas le soir à ses prestataires, ce n’est pas une faveur, ni un geste commercial. C’est du respect.
Et un repas chaud. Pas un sandwich SNCF avalé debout derrière une enceinte.
Ils ont travaillé toute la journée pour la vôtre. Ils s’assiéront un quart d’heure, pas deux heures. Que ce quart d’heure vaille quelque chose.
En pratique, comment s’y prendre
- Relisez vos contrats. C’est aujourd’hui indiqué dans la majorité d’entre eux. Vous vous y êtes peut-être déjà engagés sans y prêter attention.
- Comptez-les dans vos couverts. Photographe, vidéaste, DJ, musiciens, et toute personne présente sur la journée entière. Votre traiteur vous dira qui, dans sa propre équipe, est à sa charge et non à la vôtre.
- Demandez le tarif « repas prestataire ». Les traiteurs en proposent presque tous un : même plat chaud, service simplifié, et un coût sans rapport avec celui d’un couvert d’invité.
- Servez-les en même temps que vous, et non après le dessert. S’ils mangent quand vous mangez, ils sont disponibles quand vous ne mangez plus. C’est aussi simple que cela.
- Asseyez-les quelque part de correct. Dans la salle de réception, dans une pièce à côté, ou même dans la cuisine si elle est assez grande. Dehors quand le temps s’y prête vraiment : j’ai déjà dîné en extérieur un soir où il faisait glacial, et ça ne va pas. Ce qu’il leur faut, c’est un endroit abrité, assez chaud, et assez proche pour qu’ils puissent se lever en deux secondes.
La réponse, donc
Oui, il faut prévoir le repas de vos prestataires. Et vous n’avez même pas à vous demander si c’est bien vu : c’est attendu, c’est normal, et c’est presque toujours déjà écrit.
Ce qui n’est pas écrit, en revanche, c’est la différence entre un plateau tiède posé sur un coin de table et une vraie assiette servie à la bonne heure. Cette différence-là ne vous coûte rien, et elle change la façon dont on travaille pour vous.
C’est le même raisonnement que pour le service de votre vin d’honneur, où vouloir économiser quelques centaines d’euros se paie toujours ailleurs : nous l’avons raconté dans cet article.