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Les Vœux d’Isis
Le gâteau de mariage à étages installé sur sa table, en bord de mer

Traditions

Cinq autres traditions de mariage, et d’où elles viennent

Des leurres romains, une main d’épée, de l’hydromel et une comptine anglaise

Nous en avons raconté cinq dans un premier article : la main qu’on demande, les confettis, la haie d’honneur, la table d’honneur et le oui à voix haute.

En voici cinq autres. Cette fois, il est question de superstition, d’une main d’épée, d’hydromel et d’une comptine anglaise.

Six : les demoiselles d’honneur habillées pareil

À Rome, elles étaient des leurres.

On les vêtait comme la mariée, et en nombre, pour que les mauvais esprits ne sachent pas laquelle était la vraie. On brouillait la piste.

Aujourd’hui, on les habille pareil pour l’harmonie des photographies. L’intention a changé du tout au tout, et le geste est resté exactement le même.

Sept : le marié à droite de la mariée

Pour garder sa main d’épée libre.

En cas d’attaque, ou d’enlèvement de la mariée. Il fallait pouvoir dégainer sans avoir à la lâcher.

La place est restée. L’épée, non. Et pourtant, essayez de placer les mariés dans l’autre sens le jour J : quelqu’un vous fera remarquer que ce n’est pas comme ça.

Huit : la lune de miel

Les jeunes mariés buvaient de l’hydromel, c’est-à-dire du vin de miel, pendant une lune entière. Un mois complet.

Le miel pour la douceur et la fécondité, la lune pour la durée.

Le mot dit donc exactement ce qu’il décrit : une lune, du miel. Nous avons gardé le nom et remplacé l’hydromel par un billet d’avion.

Une lune, du miel. Le mot dit exactement ce qu’il décrit.

Neuf : la pièce montée

Les invités apportaient chacun un petit gâteau, et on les empilait les uns sur les autres au milieu de la table.

Les mariés devaient alors s’embrasser par-dessus la pile sans rien renverser. S’ils y parvenaient, c’était bon signe pour la suite.

De ce tas de petits gâteaux est née la pièce montée : la pile est devenue une pyramide, et les gâteaux des choux.

Le baiser, lui, s’est perdu en route. On découpe désormais la pièce montée au couteau, ce qui est nettement moins drôle.

Dix : quelque chose de vieux, de neuf, d’emprunté, de bleu

C’est une comptine victorienne, anglaise, et chacun des quatre éléments a sa raison d’être.

  • Quelque chose de vieux : le lien avec la famille et avec la vie d’avant, ce qu’on emporte avec soi.
  • Quelque chose de neuf : la vie qui commence.
  • Quelque chose d’emprunté : et pas à n’importe qui. L’objet doit venir d’un couple heureux, parce que c’est son bonheur que l’on emprunte avec.
  • Quelque chose de bleu : la fidélité.

C’est, des dix, celle que les mariées appliquent encore le plus volontiers. Sans doute parce qu’elle ne demande rien à personne, qu’elle tient dans une jarretière ou dans une paire de boucles d’oreilles, et qu’elle donne une bonne raison d’aller emprunter quelque chose à sa grand-mère.

Dix gestes, et pas une seule raison qui vous concerne

Regardez la liste complète, les cinq du premier article et les cinq de celui-ci. Elles viennent d’un monde d’esprits à tromper, d’épées à dégainer, de contrats à prouver et de signatures à obtenir.

Rien de tout cela ne vous concerne. Et pourtant vous en ferez la plupart, et vous aurez raison.

Parce qu’une tradition n’a pas besoin de sa raison d’origine pour mériter qu’on la garde. Elle a besoin d’une raison qui soit la vôtre. C’est tout le travail d’une cérémonie écrite sur mesure : reprendre chaque geste, et ne garder que ceux auxquels vous pouvez donner un sens.

Votre mariage

Parlons-en de vive voix