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Les Vœux d’Isis
Les invités rassemblés sur le parvis de l’hôtel de ville de Poitiers, un jour de mariage

Traditions

Cinq traditions de mariage, et ce qu’elles voulaient vraiment dire

Demander la main, les confettis, le oui à voix haute : d’où viennent ces gestes

Il y a des gestes que l’on refait à chaque mariage sans jamais se demander pourquoi. On demande la main, on jette des confettis, on dit oui à voix haute.

Ils viennent tous de quelque part. Et à l’origine, la plupart ne parlaient pas d’amour du tout : ils parlaient de contrat, de preuve et de témoins.

En voici cinq.

Un : demander la main

Cela ne parlait pas d’amour.

La main était celle qui signait les contrats et scellait les serments. C’était l’instrument de l’engagement : on y posait sa parole comme on pose aujourd’hui une signature au bas d’une page.

Demander la main, c’était donc demander la signature. On ne demandait pas la personne, on demandait sa capacité à s’engager, et l’accord de celui qui la détenait.

La formule a gardé sa forme et perdu son sens. C’est plutôt une bonne nouvelle.

Deux : les confettis

En italien, confetto signifie dragée. Au pluriel, confetti, ce sont les dragées.

À l’origine, on jetait donc des sucreries sur les mariés : du sucre, des amandes, des grains. Le geste disait l’abondance et la douceur qu’on leur souhaitait.

Le papier a remplacé le sucre, pour des raisons faciles à deviner quand on imagine cent invités lançant des amandes à hauteur de visage. Le nom, lui, est resté.

En Italie, confetti veut toujours dire dragées, et on en offre encore aux invités à la fin du repas.

Trois : la haie d’honneur

Les proches se plaçaient de part et d’autre de la sortie, bras levés, et formaient une voûte au-dessus du couple.

Ce n’était pas décoratif. C’était une protection symbolique : on couvrait les mariés, on faisait barrière autour d’eux, contre tout ce qui pouvait les atteindre.

C’est l’une des rares traditions dont le sens a survécu intact. Encore aujourd’hui, ce sont les proches qui la forment, et personne d’autre. Personne n’a jamais eu l’idée de demander à des inconnus de faire la haie.

Avant les registres, la preuve d’un mariage, c’était le regard des autres.

Quatre : la table d’honneur

Les mariés face à tous. Jamais dans un coin, jamais de dos.

Le mariage devait être vu pour être valable. Avant les registres et l’état civil, la preuve d’une union, c’était le nombre de gens qui l’avaient vue et qui pourraient en témoigner. Être regardés faisait partie du contrat social.

Cela n’a pas vraiment changé. On place toujours les mariés face à la salle, et on trouve encore étrange un couple installé sur le côté.

Cinq : le oui à voix haute

Avant l’état civil, la voix était la signature.

Un oui murmuré ne valait rien. Il fallait que toute la salle l’entende, parce que c’étaient les oreilles présentes qui faisaient foi. Le consentement n’existait que s’il avait été entendu.

C’est pour cette raison qu’aujourd’hui encore, on vous fera reprendre si vous parlez trop bas. Ce n’est pas une question de solennité : c’est un très vieux réflexe de preuve.

Ce que cela change pour votre cérémonie

Connaître l’origine d’un geste ne vous oblige pas à le garder tel quel. C’est même l’inverse.

Tant qu’on ne sait pas ce qu’une tradition voulait dire, on la subit : on la fait parce qu’il faut la faire, et parce que tout le monde attend qu’elle arrive. Quand on sait, on peut décider. La garder parce qu’elle vous parle, la transformer pour qu’elle dise ce que vous voulez lui faire dire, ou la laisser de côté sans regret.

C’est exactement le travail que nous faisons quand nous écrivons une cérémonie sur mesure : reprendre chaque geste un par un, et ne garder que ceux qui ont encore un sens pour vous.

Cinq autres traditions vous attendent dans la deuxième partie : les demoiselles d’honneur, le marié à droite, la lune de miel, la pièce montée et le quelque chose de bleu.

Votre mariage

Parlons-en de vive voix