Tous les articles sur le sujet répondent à la même peur : et si ça manquait ? Nous allons répondre à l’inverse, parce que c’est ce que nous voyons depuis dix-huit ans.
Nous n’avons jamais vu un mariage manquer d’alcool. Jamais. En revanche nous avons vu beaucoup de caisses non ouvertes repartir dans le coffre des parents, et beaucoup d’invités chercher de l’eau à trois heures du matin.
Voilà l’erreur, et elle est toujours la même : on achète trop d’alcool et pas assez d’eau.
Avant les chiffres, quatre choses à savoir
- Comptez soixante-dix à quatre-vingts pour cent de buveurs d’alcool parmi vos invités, pas cent. Les enfants, les femmes enceintes et ceux qui conduisent sortent du calcul, et ils sont plus nombreux qu’avant.
- La consommation dépend de la durée, de la chaleur et de l’ambiance. Un mariage d’août à quinze heures et un mariage de novembre à dix-huit heures ne boivent pas la même chose, ni en quantité ni en nature.
- Raisonnez par moment de service et non en masse : le vin d’honneur, le repas, le toast, la soirée. Ce sont quatre besoins différents, et c’est en les additionnant qu’on se trompe.
- Votre traiteur sait. Il voit passer quarante mariages par an dans le même lieu. Posez-lui la question avant de commander quoi que ce soit.
Les quantités, par personne
Les repères que nous utilisons, pour un mariage avec vin d’honneur, dîner et soirée.
- Champagne ou crémant : une bouteille pour trois à quatre personnes, soit deux à trois coupes. Pour le vin d’honneur.
- Le toast au dessert : une bouteille pour sept personnes. C’est le seul moment où tout le monde boit en même temps, et c’est souvent oublié dans le calcul du vin d’honneur.
- Vin blanc : une bouteille pour quatre, s’il est servi à l’entrée ou sur le poisson.
- Vin rouge : une bouteille pour trois à quatre, sur la viande ou le plat principal.
- Bière : une à deux bouteilles par personne, surtout pour le cocktail et la soirée.
- Cocktails : deux à trois par personne si vous avez un bar animé par un barman, une à deux s’ils ne sont servis qu’à l’apéritif.
- Spiritueux : une bouteille pour dix à quinze personnes, en libre service ou au bar à digestifs.
- Eau, plate et gazeuse : un litre par personne au total, repas, cocktail et soirée confondus.
- Softs : un litre pour trois personnes, et davantage si vous avez beaucoup d’enfants ou de non-buveurs.
| Boisson | À prévoir |
|---|---|
| Champagne ou crémant | 25 à 30 bouteilles |
| Vin blanc | 20 bouteilles |
| Vin rouge | 25 à 30 bouteilles |
| Bière | 100 à 150 bouteilles |
| Cocktails, si bar animé | 200 à 250 verres |
| Spiritueux | 7 à 10 bouteilles |
| Eau | 100 litres, moitié plate moitié gazeuse |
| Softs | 25 à 30 litres |
La clause que personne ne demande
Voici le conseil qui change tout, et il est écrit noir sur blanc sur les sites des cavistes et des spécialistes de boissons : la reprise des non-consommés.
Vous commandez large, et vous rapportez ce que vous n’avez pas ouvert. Vous ne payez que ce qui a été bu. C’est exactement la réponse à l’angoisse du début, et ça coûte zéro euro.
Les conditions publiées sont partout à peu près les mêmes, et il faut les connaître avant de commander.
- La reprise se fait dans la limite d’un tiers de la commande. Vous ne pouvez pas acheter le double et rendre la moitié.
- Les cartons doivent être fermés et intacts. Un carton entamé n’est pas repris, même si les bouteilles sont pleines. Dites-le à celui qui gère le bar.
- Les fûts de bière ne sont pas repris.
- Le délai est de six mois après l’achat, et de deux mois pour les fontaines à vin.
- Vous choisissez entre un échange et un remboursement.
Le droit de bouchon a pratiquement disparu
Beaucoup de couples croient encore qu’apporter ses bouteilles est une faveur qu’il faut négocier, et qu’un lieu la facturera. C’était vrai, ce ne l’est plus.
Quatre-vingt-quinze pour cent de nos mariés achètent eux-mêmes leurs boissons, et le droit de bouchon a pratiquement disparu de nos devis. Posez quand même la question en visite, parce qu’il subsiste ici et là, mais ne renoncez pas à l’économie en supposant qu’elle vous sera refusée.
Metro, si vous connaissez quelqu’un
Nous y achetons régulièrement, et on peut y demander une dégustation avant de commander. Mais disons tout de suite la condition, parce qu’elle est souvent mal comprise : les Halles Metro ne sont pas ouvertes aux particuliers.
Il faut une carte, et la carte exige un SIRET et un extrait KBIS. Sans carte, vous n’accédez qu’à leur boutique en ligne, qui vend de l’équipement de restauration et non du vin.
Donc le conseil tient à une condition : si vous connaissez un restaurateur, ou simplement quelqu’un qui a la carte, c’est une très bonne piste. Nous l’avons fait plusieurs fois pour nos couples. Sinon, allez voir un caviste : il vous fera déguster aussi, et il reprendra vos invendus.
Ce qu’il faut retenir
Achetez l’eau comme si vous en manquiez, et l’alcool comme si vous alliez en rendre. Parce que c’est exactement ce qui va se passer.