Un thème années 30, et pas une allusion
Certains couples arrivent avec une envie si précise qu’elle devient le fil de toute la journée. Anne et Sébastien voulaient les années folles. Pas une allusion, pas trois accessoires posés sur une table : le thème tenu du matin au soir, et par tout le monde. Chaque invité est venu en costume d’époque.
C’est la différence entre un mariage à thème et un mariage décoré sur un thème. Le premier demande que les invités jouent le jeu, et cela se prépare des mois à l’avance, dans le faire-part et dans les relances.
Deux choses leur ont été cachées jusqu’au dernier moment.
La première surprise : un jazz manouche
À la sortie de l’église, un jazz manouche attendait les mariés. Ils n’en savaient rien. C’est l’un des rares moments d’une journée de mariage où l’on peut encore surprendre un couple qui a tout préparé pendant un an.
La seconde : un rallye de trente kilomètres
Nous avions organisé, à leur insu, un rallye en voitures anciennes pour l’ensemble des invités, avec une association locale : c’est tout l’intérêt de passer par les associations. C’est ce qui explique le plan de table particulier que vous verrez plus bas : il ne répartissait pas des convives autour de tables, mais des équipages dans des voitures.
Trente kilomètres de campagne, et tout le monde a changé de voiture en cours de route, évidemment. C’était le but : mélanger les familles et les amis avant même le repas.
Il faisait chaud ce jour-là. Nous avions placé des bouteilles d’eau dans chaque véhicule avant le départ. Personne ne l’a remarqué, et c’est très bien ainsi : anticiper la soif d’un invité fait partie du métier.
Le cortège n’a pas passionné que les mariés. Dans les villages traversés, les gens sortaient de chez eux pour voir passer les voitures.
Un cocktail, puis un repas d’époque
À l’arrivée, le jazz band a repris pour le cocktail, servi avec des apéritifs anciens : de la pousse d’épine, entre autres, que peu d’invités avaient goûtée.
Le repas se tenait dans une salle des fêtes. Pour en faire disparaître les murs, nous avons fait intervenir un artiste, qui a graffé de grands draps tendus tout autour : danseurs de charleston et moulin en ombre chinoise. Sur les tables, des vases lumineux, des plumes d’autruche, et un menu écrit en patois. Au menu, justement : une cuisine d’époque et un cochon à la broche.
Pour l’animation, nous avions prévu un cours de charleston. C’est ce que nous appelons une scénographie immersive : le thème ne se regarde pas, il se vit. Mais le moment que personne n’attendait est venu d’ailleurs : une des filles de la mariée s’est levée et a chanté Mon amant de Saint-Jean.
Ce qu’il faut retenir d’un mariage à thème
Un thème tenu de bout en bout ne coûte pas forcément plus cher. Il coûte de l’anticipation.
Les costumes, ce sont vos invités qui les trouvent, à condition d’être prévenus assez tôt et d’y croire. Les draps graffés reviennent moins cher qu’une décoration murale louée. Le menu en patois ne coûte rien du tout. Ce qui demande du travail, c’est la cohérence : que rien, dans la journée, ne vienne casser ce que vous avez construit.
Et c’est précisément pour cela qu’un thème réussi se voit tout de suite, et qu’un thème à moitié tenu se remarque encore plus.
Sur ces photographies
Ce mariage date de 2009 et a été publié dans la presse spécialisée. Les photographies qui suivent ont la définition de leur époque, et les originaux ont disparu avec un vieil ordinateur. Nous les publions quand même : un mariage d’une telle cohérence mérite d’être montré.
Le reportage
Le mariage en images
14 photographies. Cliquez pour agrandir.