Aller au contenu
Les Vœux d’Isis
L’allée centrale d’une église, guirlandes de lierre et roses blanches aux bancs, pétales blancs au sol

Conseils de pro

Décorer une église pour un mariage

Ce qu’on n’a pas le droit d’y faire, et ce qui marche quand même

Les couples préparent la salle pendant un an et l’église en trois jours. C’est pourtant là que la moitié des photographies sera prise, et c’est le seul endroit de la journée où vous ne décidez pas de tout.

Cet article part d’un mariage de 2012 : Aurélie et Benjamin, à Notre-Dame-de-Lourdes de La Baule, une église de 1935 aux boiseries sombres et aux vitraux très graphiques. Un petit mariage, très luxueux, et une journée à deux cérémonies.

La règle qui surprend tout le monde : la sortie

Le curé a interdit tout ce qui se jette à la sortie. Le riz, les confettis, les bulles, les cornes de brume : non.

Une seule exception, et elle était précise : des pétales de roses, naturelles, et blanches uniquement. Les pétales colorés tachent le parvis quand il pleut, et la pierre garde la trace.

C’est la question à poser dès le premier rendez-vous à la paroisse, parce qu’elle arrive toujours trop tard : la veille, quand quelqu’un a déjà acheté cinquante cornets de riz.

On ne fixe rien, nulle part

Pas de clou, pas de vis, pas d’adhésif sur la pierre, pas de fil tendu entre deux colonnes. Une église est souvent un monument, parfois classé, et le mobilier ne vous appartient pas.

Cela élimine d’un coup tout ce qui fait la décoration d’une salle : les drapés, les suspensions, les guirlandes tendues. Il reste trois surfaces, et elles suffisent.

Le sol. C’est le plus efficace et le moins cher. Un tapis dans l’allée, des pétales, et l’œil suit la ligne jusqu’à l’autel.

Les bancs. Ils ont des bouts, et un bout de banc se décore avec un lien de raphia ou un ruban, jamais avec une agrafe. Lierre, roses blanches, gypsophile : une composition tous les deux bancs suffit, une par banc coûte le double et ne se voit pas davantage.

Ce qui se pose debout. C’est la solution à la question de la hauteur. À La Baule, nous avons apporté des colonnes blanches et posé dessus des boules de roses. On retrouve de la verticale sans avoir touché à un seul mur.

L’autel : du tissu, pas des fleurs

C’est le point où tout le monde regarde pendant une heure, et c’est aussi le plus délicat : on ne décore pas l’autel lui-même, qui est un objet liturgique. Demandez ce qui est permis, cela varie d’une paroisse à l’autre.

À La Baule, nous avons habillé la table devant l’autel : organza, dentelle, et des rubans blancs qui tombent jusqu’au sol. Puis des bougies alignées et de petits bouquets ronds de roses blanches, sans hauteur, pour ne rien masquer.

Le tissu fait plus d’effet que la fleur, pour dix fois moins cher, et il se reprend le lendemain.

Aurélie & Benjamin, 2012

À Notre-Dame-de-Lourdes, et au Castel

4 photographies. Cliquez pour agrandir.

Deux cérémonies dans la même journée

Aurélie et Benjamin ont eu la messe à l’église, puis une cérémonie dans le parc du Castel Marie-Louise, où s’est tenu le cocktail, avant le dîner dans le restaurant de l’hôtel.

C’est un schéma que nous voyons régulièrement et qui fonctionne, à une condition : que les deux cérémonies ne disent pas la même chose. La messe a son texte et son déroulé, qui ne vous appartiennent pas. La cérémonie du parc est celle où l’on parle de vous, où vos proches interviennent, où l’on rit.

La décoration doit suivre la même logique : sobre et blanche à l’église, libre dehors. Au Castel, l’allée était bordée de pots fuchsia et blancs coiffés de boules de roses et de buis, avec un tapis de gazon. Impensable dans la nef, parfait dans un parc.

Les fleurs de l’église ne servent qu’une heure

C’est la ligne de budget la plus mal employée d’un mariage. Vous payez un décor floral complet pour une cérémonie qui dure soixante minutes, et vous le laissez derrière vous.

Prévoyez de le récupérer. Les compositions de bancs deviennent des centres de table ou bordent l’entrée de la salle, les grandes pièces encadrent le plan de table.

Mais attention au calendrier : l’usage est de tout retirer dès la cérémonie terminée. Vous n’avez donc pas la soirée pour y penser, vous avez la demi-heure pendant laquelle tout le monde est sur le parvis.

Il faut donc quelqu’un dont c’est la mission et un véhicule, prévus la veille. Si vous n’avez pas d’organisatrice, désignez deux personnes et dites-leur exactement quoi prendre et où le porter.

Et on ne repart jamais avec tout. L’usage veut qu’on laisse une composition à l’église, en cadeau, posée sur l’autel. C’est une politesse, elle ne se discute pas, et elle sera là pour la messe du dimanche.

Ce qu’il faut demander à la paroisse

Chaque église a ses règles, et elles ne sont écrites nulle part. Posez ces questions au premier rendez-vous, pas au dernier :

  • Que peut-on jeter à la sortie, et de quelle couleur ?
  • À quelle heure peut-on entrer pour installer, et faut-il tout retirer juste après ?
  • Y a-t-il un autre mariage le même jour, avant ou après le vôtre ? Si oui, vous partagerez peut-être la décoration, et c’est une économie à organiser ensemble.
  • Peut-on décorer l’autel, la table, l’ambon, et jusqu’où ?
  • Les bougies sont-elles autorisées, et allumées ?
  • Un tapis peut-il être posé dans l’allée ?
  • Peut-on sonoriser, et brancher où ?

Et si vous voulez les deux

La messe, puis une cérémonie à vous

Nous décorons les églises, nous écrivons et nous célébrons les cérémonies laïques, et nous faisons souvent les deux le même jour.

Photographies : Les Vœux d’Isis.

Votre mariage

Parlons-en de vive voix