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Les Vœux d’Isis
La halle de l’ancienne carrière dressée en tables rondes, sous la charpente métallique et les lumières violettes

Mariage d’exception

Élodie & Laurent

Cent invités, un volume immense et nu, et un ascenseur pour y descendre.

Carrière du Normandoux, 2012

Au Normandoux, à Tercé dans la Vienne, on extrayait la pierre. En 2012, Élodie et Laurent y ont marié cent personnes, au fond de la carrière.

On y descendait en ascenseur. C’est la première chose que voyaient les invités, et aucun d’eux n’avait jamais commencé une soirée de mariage comme cela.

La carrière ne sert plus. Le domaine a été racheté et il est devenu un hôtel-restaurant-spa : on peut sans doute encore s’y marier, mais au restaurant, plus sous la pierre. Cette page ne raconte donc pas un lieu à réserver. Elle raconte un mariage.

Un volume immense, et rien pour l’accrocher

C’était le problème du lieu, et il était entier : un espace énorme, sombre, brut, sans le moindre point sur lequel poser le regard. Rien de joli à mettre en valeur, rien de laid à cacher. Une salle des fêtes se décore ; une carrière, il faut l’inventer.

Ce qui a tout débloqué, c’est le souhait des mariés. Élodie et Laurent voulaient quelque chose de moderne et design. C’était exactement ce que le lieu demandait : la pierre nue et le béton ne supportent pas le champêtre, ils supportent la ligne droite.

Le béton et la roche prennent la lumière mieux qu’aucun mur peint. Le violet et le rose ont fait le décor, et il n’y avait presque rien à accrocher.

Deux espaces découpés dans le vide

Quand une salle est trop grande, cent personnes y sont perdues. Le réflexe est de rapprocher les tables : c’est une erreur, cela fait un îlot de mariage flottant dans un hangar.

Nous avons fait l’inverse : deux espaces délimités, un lounge et une piste. Le lounge avec ses assises blanches arrondies, pour ceux qui veulent parler. La piste pour les autres. Chacun devient une pièce, et le vide qui reste autour n’est plus un vide : c’est une respiration entre deux endroits.

Les enfants ont eu leur table et leurs ballons, ce qui règle deux problèmes à la fois : ils savent où est leur place, et les parents savent où les trouver.

Le chintz gris, et la lumière par en dessous

Les nappes venaient de chez Options, en chintz gris. Pas de blanc : dans un lieu de pierre grise, le blanc fait cantine. Le gris se fond dans la roche et laisse toute la place à ce qu’on pose dessus.

Et ce qu’on posait dessus s’éclairait tout seul. Des boules de verre avec une orchidée flottante et un socle lumineux, et d’autres suspendues à un fil, une bougie à l’intérieur.

C’est le principe que nous retenons de ce mariage : dans un lieu sombre, la décoration doit être sa propre source de lumière. Un centre de table qui ne s’éclaire pas n’existe pas après la tombée du jour.

Et dehors, le cocktail au pied de la roche

Avant de descendre, les invités ont pris l’apéritif en surface, sous un grand hangar de bois, la paroi de la carrière dans le dos, au crépuscule.

C’est ce que nous cherchons toujours : que les invités changent d’endroit au moins une fois dans la journée. Ici, le changement d’endroit était aussi un changement de monde.

Le reportage

Le mariage en images

10 photographies. Cliquez pour agrandir.

Photographies : Pierre Torset et Les Vœux d’Isis.

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