Hôtel Les Terrasses d’Èze, 2012
Laure et Franck nous ont appelées pour une raison précise : ils voulaient des plumes d’autruche, et presque personne n’en faisait.
Nous étions parmi les rares à travailler cette matière en 2012. Nous les commandions aux États-Unis, avec les délais et les frais que cela suppose, parce qu’on n’en trouvait pas en France à la hauteur et à la quantité voulues.
Le mariage s’est tenu à l’hôtel Les Terrasses d’Èze, sur la Côte d’Azur, entre Nice et Monaco, la mer en contrebas.
Pourquoi la plume, et pas la fleur
Une plume d’autruche monte à soixante-dix centimètres et ne pèse rien. C’est tout l’intérêt : vous obtenez une hauteur que la fleur ne vous donnerait qu’avec un vase lourd, un socle et un budget trois fois supérieur.
Elle bouge au moindre courant d’air, ce qui rend une salle vivante alors qu’un centre de table floral reste immobile toute la soirée. Et elle ne fane pas : elle est aussi belle à deux heures du matin qu’à midi.
Son défaut est l’inverse de sa qualité : on ne voit plus son voisin. Il faut donc la dresser haut, sur un pied fin, pour que le regard passe dessous. C’est ce que nous avons fait ici, et c’est la seule façon de s’en servir sur une table ronde.
Aujourd’hui la plume reste rare dans les mariages, mais elle est devenue facile à se procurer. À l’époque, il fallait traverser l’Atlantique.
Tout en blanc, et une seule couleur
La salle était blanche, les housses étaient blanches, les nappes étaient blanches, les plumes étaient blanches. Un seul écart : un bleu électrique, sur les serviettes, les menus, les numéros de table et les pochettes.
C’est un principe que nous appliquons souvent et qui ne rate jamais : quand un lieu a une vue, la décoration s’efface. Ici, la vue était la Méditerranée derrière la baie vitrée. Le bleu du décor ne la concurrençait pas, il la citait.
Dehors, au bord du bassin à débordement, deux lanternes et des pétales suffisaient. Rien d’autre. Il n’y avait rien à ajouter à une piscine qui se confond avec la mer.
Le reportage
Le mariage en images
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