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Les Vœux d’Isis
Les mariés arrosent ensemble le jeune arbre planté dans son pot, pendant leur cérémonie

Conseils de pro

Cinq rituels pour une cérémonie laïque

Ce qu’ils veulent dire, comment les réussir, et d’où ils viennent vraiment

Une cérémonie laïque, ou une cérémonie d’engagement, a un avantage que rien d’autre n’offre : elle se personnalise du début à la fin. Rien n’y est imposé, aucune formule n’est obligatoire.

Le mieux est donc de créer votre propre rituel. Mais nous savons que beaucoup de futurs mariés ne savent pas par où commencer, alors voici cinq points de départ.

Comment nous en arrivons à vous en proposer un

Quand nous écrivons une cérémonie, nous passons des heures à parler avec le couple. Et à force de discuter, un rituel finit par s’imposer : celui qui correspond à leur personnalité et à ce qu’ils ont vécu. Ce n’est presque jamais celui qu’ils auraient choisi dans une liste.

Parfois c’est l’inverse : ils en ont vu un passer sur les réseaux et ils le demandent. Cela fonctionne aussi, à une condition. Un rituel copié parce qu’il est joli en photographie tombe à plat devant cent personnes. Le même rituel, choisi parce qu’il raconte quelque chose de vous, tient la salle en silence.

1. Le rituel du sable, le plus symbolique

Deux couleurs de sable versées ensemble dans un même contenant. Une fois mélangées, personne ne peut plus les séparer. C’est tout le propos, et c’est ce qui le rend si lisible pour vos invités : on comprend sans explication.

Choisissez un beau contenant, parce que vous allez le garder et l’exposer chez vous. C’est le seul rituel de cette liste qui vous laisse un objet fini le soir même.

Si vous avez des enfants, donnez-leur une troisième couleur. Ils versent après vous, et la famille entière se trouve dans le même bocal. Nous en parlons dans notre article sur les enfants au mariage.

2. L’arbre à planter, la promesse de grandir à deux

Un jeune arbre, dans un pot, que vous plantez et arrosez ensemble pendant la cérémonie. Choisissez une essence qui vous parle, ou dont le symbolisme vous touche : l’olivier pour la paix, le chêne pour la solidité, le cerisier pour la beauté brève qui revient chaque année.

C’est le seul rituel qui ne se termine pas le jour J. L’arbre reste en pot, puis vous le replantez chez vous un ou deux ans plus tard, pour un anniversaire de mariage. Le rituel continue sans vous demander quoi que ce soit.

Une précision pratique : un jeune arbre en pot se déshydrate vite en été. Désignez quelqu’un qui s’en occupe pendant votre voyage de noces, c’est le genre de détail qu’on oublie dans l’euphorie.

3. La corde ou les rubans, les mains liées

Vos mains sont liées l’une à l’autre par une corde ou des rubans pendant que vous prononcez vos vœux. C’est le plus physique des cinq, et le plus photogénique.

Chaque ruban peut porter un sens, ou venir de quelqu’un : un tissu de famille, une couleur qui compte, un ruban apporté par chaque témoin. À plusieurs mains, cela devient un moment collectif plutôt qu’un geste à deux.

4. La bougie, deux flammes qui n’en font plus qu’une

Chacun tient une bougie allumée, et vous allumez ensemble une troisième. Le geste est simple, il se lit de loin, et il marche très bien en fin de journée quand la lumière baisse.

Une seule condition, mais elle est absolue : pas de vent. Dehors, une bougie s’éteint, et un rituel qu’on recommence trois fois ne fait plus rien à personne. Gardez-le pour une cérémonie à l’abri, ou prévoyez des photophores hauts.

5. La capsule temporelle, celle qui se rouvre

Chacun écrit une lettre à l’autre. Vous les scellez le jour J, sans les lire, et vous les rouvrez ensemble dans un an, cinq ans ou dix ans, avec le recul de tout ce que vous aurez vécu entre-temps.

Et il y a une façon de l’amplifier que nous aimons beaucoup : demandez à vos invités d’y mettre quelque chose. Un mot, un objet, un dessin des enfants, une photographie. Le jour J, ils défilent devant vous et déposent leur contribution dans la capsule.

Vous obtenez deux moments pour le prix d’un : le défilé pendant la cérémonie, et l’ouverture des années plus tard. C’est aussi le seul rituel qui donne un rôle à chaque personne présente.

Ce qu’on lit partout, et ce que disent les sources

D’où viennent vraiment ces rituels

On vous les présentera comme ancestraux. Deux d’entre eux ont moins de cinquante ans, et nous préférons vous le dire.

  • La bougie est apparue dans les mariages protestants américains dans les années 1970. Aucune racine ancienne, et sa diffusion doit beaucoup à un épisode de série télévisée de 1981.
  • Le rituel du sable date de la fin des années 1980, et il a été inventé comme une variante de la bougie, précisément parce que le vent éteignait les bougies des cérémonies en plein air.
  • La corde est le plus ancien des cinq, mais pas celtique. Le mot anglais qui la désigne vient du vieux norrois handfesta, « conclure un marché en se serrant la main », et les sources rattachent la pratique aux Danois et aux Anglo-Saxons plutôt qu’aux Celtes. Quant au mariage à l’essai d’un an et un jour qu’on raconte toujours, sa première mention connue date de 1790.

Est-ce que cela enlève quelque chose à ces rituels ? Non. Un geste n’a pas besoin d’être vieux pour être juste, et personne ne se marie pour faire plaisir à un historien.

Mais l’histoire du sable vous donne une information utile : si vous vous mariez dehors, prenez le sable plutôt que la bougie. Il a été inventé pour ça.

Le meilleur rituel n’est dans aucune liste. C’est celui qui raconte quelque chose que vous seuls comprenez entièrement.

Et si vous inventiez le vôtre

Les cinq ci-dessus sont des points de départ, pas un catalogue. Le plus beau rituel que nous ayons célébré venait d’une habitude du couple, et il n’existait nulle part ailleurs.

C’est exactement le travail que nous faisons quand nous écrivons une cérémonie : écouter assez longtemps pour trouver le geste qui vous appartient. Et si vous cherchez comment inclure ceux qui ne sont plus là, c’est une autre page.

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