Celui-ci est un monument, au sens propre : le château de la Roche Courbon se visite, ses jardins sont célèbres, et il se trouve à Saint-Porchaire, en Charente-Maritime, près de Saintes.
Nous y avons organisé le mariage de Jessica et Cyrille, en 2009. C’est l’un des tout premiers de notre histoire, et nous n’en avions encore jamais parlé ici.
C’est aussi celui dont les capacités annoncées demandent le plus de prudence. Nous y revenons plus bas, plans à l’appui.
Jessica et Cyrille, le 23 mai 2009
La cérémonie religieuse avait lieu à l’église de Saint-Porchaire : une allée en sisal, des bouquets de roses en bout de bancs, des lanternes lumineuses tout du long.
À la sortie, un lâcher de papillons. Et c’est là que le métier commence : nous avons élevé les chrysalides nous-mêmes, en veillant à ce que tous les papillons soient transformés le jour dit. On ne commande pas des papillons pour un samedi à seize heures : on s’en occupe pendant des semaines, et on croise les doigts.
L’arrivée au château se faisait avec des lanceurs de feux et des échassiers. Dans la salle, des vases blancs illuminés de LED et des plumes d’autruche. Sur la mezzanine, des canapés et des fauteuils loués pour l’occasion.
Et dehors, la nuit venue, une centaine de lanternes jalonnaient les allées du château.
Ce que ça demande, vraiment
Voilà la partie que les photographies ne montrent jamais.
Nous étions six pour la mise en place, et il a fallu louer un camion pour transporter la décoration. Pas une camionnette : un camion.
Quant aux cent lanternes, quelqu’un a dû les allumer. Une par une. Avant que les invités sortent de table, et sans que personne le voie.
Nous le racontons parce que c’est la question que les couples ne se posent pas en visite. Un décor de cette ampleur ne s’achète pas, il s’installe : cela se compte en personnes, en heures et en véhicules. Quand vous chiffrez une décoration, chiffrez aussi qui la monte, et à quelle heure il faudra commencer.
Cent lanternes, c’est cent lanternes à allumer.
Mai 2009
Les chrysalides, et les lanternes
Nos propres photographies, prises pendant les préparatifs. Les chrysalides attendent leur éclosion ; les lanternes attendent la nuit.
4 photographies. Cliquez pour agrandir.
Un théâtre du XVIIᵉ siècle, et ce qu’on en fait
C’est la particularité du lieu, et nous ne l’avons vue nulle part ailleurs : il y a un théâtre.
Il sert à trois choses, et c’est ce qui le rend précieux. Une cérémonie intimiste, quand vous êtes peu nombreux ou que vous voulez un décor historique. Un abri immédiat si la météo tourne. Et la soirée dansante, avec le DJ installé sur la scène.
Ce dernier point règle un problème que nous rencontrons partout : la piste de danse mange la salle du dîner, il faut pousser les tables, et quelqu’un s’en charge pendant le dessert. Ici, on change de bâtiment.
Deux réserves, et elles sont importantes. Le plan officiel donne une salle de 100 m², un balcon de 55 et une scène de 35. Et surtout : le théâtre n’est pas chauffé, il ne se loue que du 15 mai au 15 octobre.
Si votre mariage tombe en avril ou en octobre, la salle de la soirée dansante n’existe plus. Posez la question avant de vous attacher à l’idée.
L’allée des tilleuls, et le dîner dehors
La photographie en haut de cette page a été prise de nuit : le château illuminé, les jardins jalonnés de lumières, et tout cela renversé dans la pièce d’eau. C’est ce que voient vos invités quand la nuit tombe.
L’allée des tilleuls forme une voûte ombragée. On y célèbre la cérémonie l’après-midi, pour la fraîcheur, et on y dîne le soir sous les lumières.
Le cocktail se dresse devant le château, au bord de la pièce d’eau, avec une installation sonore extérieure fournie par le domaine. S’il pleut, les salles féodales prennent le relais immédiatement.
Et il y a la terrasse Renaissance, au pied du château, avec son grand escalier. C’est là que se fait la photographie de groupe, et elle se fait toute seule.
Une nurserie et une salle à manger des enfants. Écrit noir sur blanc, par le lieu lui-même.
La nurserie, et la salle à manger des enfants
Le domaine énumère ce qui est prévu à l’intérieur : le mobilier, le mur de projection, les éclairages d’ambiance, la circulation des traiteurs, la nurserie et la salle à manger des enfants.
Nous avons écrit la même chose sur trois autres domaines de cette rubrique, parce que c’est le problème le plus sous-estimé de toutes les soirées de mariage. Vers vingt-trois heures, les enfants tombent de fatigue et une table entière se vide.
Deux pièces distinctes, une pour manger et une pour dormir, c’est davantage que ce que proposent presque tous les lieux. Faites-vous les montrer en visite, et demandez qui les surveille : plusieurs couples ont mentionné des baby-sitters dans leurs remerciements au domaine.
La grange, et les chiffres qu’il faut lire deux fois
Le domaine met en ligne ses plans de salle. Lisez-les : ils ne disent pas tout à fait la même chose que le reste du site.
La page des salles annonce 320 places assises dans la grange, et 400 avec des tivolis accolés à la façade. Le plan, lui, annonce 300 assises et 500 debout. Deux documents du même domaine, deux chiffres différents.
Surtout, le plan donne les surfaces, et c’est là que tout se joue : la grande salle Romette fait 233 m², complétée par deux mezzanines de 85 et 77 m², un salon de 35 m² et un accueil de 20 m².
Trois cents personnes assises dans 233 m², cela ferait moins de quatre-vingts centimètres carrés chacun. C’est impossible pour un dîner. Le chiffre ne tient que si l’on compte les mezzanines, c’est-à-dire si l’on sépare vos invités sur trois niveaux.
Notre chiffre, celui de l’expérience : une bonne centaine d’invités dans la grande salle. C’est ce que nous y avons dressé, et la salle était pleine, pas serrée. En poussant, avec la danse au théâtre, on peut viser cent cinquante.
Le reste est bien réel : tables et chaises comprises, locaux chauffés et louables toute l’année, deux grandes ouvertures vitrées vers les jardins par lesquelles on peut faire entrer une voiture, et une visite virtuelle en ligne. Servez-vous du plan avant même de vous déplacer.
Où dorment vos invités
Sur place, un gîte de sept couchages : trois chambres, un salon, trois salles d’eau, une cuisine équipée, à l’orée de la forêt. C’est la maison des mariés et de leurs proches, pas celle de vos invités.
Pour les autres, le domaine fournit une liste et, surtout, il a un partenariat avec l’hôtel Ibis de Saintes : tarifs réduits et service de navette.
Prenez cette information au sérieux. Sur un mariage d’une centaine de personnes ou plus, l’hébergement et les retours sont le premier casse-tête, et un hôtel partenaire qui fait rouler ses propres navettes vous évite des semaines de téléphone. Nous expliquons le reste dans notre article sur le transport des invités.
Ce qu’il faut demander à la visite
- Le tarif, qui n’est pas public, et ce qu’il comprend exactement.
- Les surfaces, pas les capacités. Demandez les mètres carrés de chaque salle et un plan de table dessiné : c’est la seule réponse qui vaille.
- Le théâtre : disponible à votre date, chauffé ou non, et jusqu’à quelle heure la musique ?
- Le dîner sous les tilleuls : qui installe l’éclairage, et que se passe-t-il s’il pleut la veille ?
- Les horaires du château : c’est un monument ouvert à la visite. À partir de quand les jardins sont-ils à vous ?
- La nurserie et la salle des enfants, et qui les surveille.
- Les navettes de l’Ibis : combien de places, à quelle heure, et à quel prix.
Le reste est dans nos douze questions à poser en visite.
Ce que nous aimons, et ce que nous aimons moins
Ce que nous aimons : le théâtre, qui sort la piste de danse de la salle du dîner. L’allée des tilleuls. Les salles féodales comme repli immédiat. La nurserie et la salle des enfants. Le plan de salle et la visite virtuelle en ligne. Et l’hôtel partenaire avec ses navettes.
Ce que nous aimons moins : les capacités annoncées, qui ne résistent pas à la lecture des plans. Le théâtre non chauffé, fermé la moitié de l’année. Sept couchages seulement. Et un monument ouvert au public, donc des horaires à connaître avant de construire sa journée.
Ce que nous en pensons
C’est le lieu de ceux qui veulent un décor que personne n’oubliera : des jardins célèbres, un théâtre, une esplanade d’un hectare, et un château qui se reflète dans l’eau une fois la nuit tombée.
Mais construisez votre projet sur une centaine d’invités dans la grande salle, pas sur les chiffres de la brochure.
C’est aussi notre deuxième lieu de Charente-Maritime, après le Logis de l’Héronière, qui s’arrête à cent trente et qui joue une tout autre partition.
Dans le même ordre de grandeur ailleurs : l’abbaye du Pin, la Tour d’Oyré et Mauprié.
Leur site : receptions.larochecourbon.fr.