Changeons de registre. Ce n’est pas un château, et ce n’est pas un domaine : c’est une salle des fêtes, à Mignaloux-Beauvoir, à sept minutes du centre de Poitiers.
Nous en parlons parce qu’il manque toujours cette page-là dans les listes de lieux de mariage, et parce que beaucoup de couples que nous accompagnons préfèrent mettre leur budget dans l’assiette, la musique et le photographe plutôt que dans les murs. C’est un choix parfaitement défendable, et nous l’écrivons déjà dans se marier est gratuit.
Et celle-ci a quelque chose que les autres n’ont pas : des murs en pierres apparentes et un parquet de chêne.
Cent mètres carrés, et le vrai nombre de convives
La fiche annonce 92 personnes en banquet et 150 en cocktail. Une autre de leurs descriptions parle de soixante convives.
C’est la seconde qui est honnête. Quatre-vingt-douze personnes dans 100 m², cela fait un peu plus d’un mètre carré chacun : de quoi s’asseoir, pas de quoi faire un mariage. Retirez la place du buffet, celle du DJ et une piste de danse, et vous retombez sur soixante.
Prenez donc ce chiffre comme la vraie capacité, et faites-le confirmer en visite avec un plan de table sous les yeux. C’est la même remarque que pour le château de Baillant : une capacité affichée est un maximum en configuration repas, jamais un nombre de mariés.
Le plafond, et ce qu’il faut prévoir
Voilà le seul vrai défaut de la salle, et il se règle.
Les murs sont beaux, le parquet aussi, la lumière naturelle entre par de grandes ouvertures. Mais le plafond est un faux plafond de dalles blanches, et c’est lui qui trahit la salle des fêtes.
Comptez donc une décoration au plafond : des drapés, ou des guirlandes de LED. Ce n’est pas un gros poste, et une fois que c’est fait, la salle est tout à fait convenable pour un mariage.
C’est le genre d’arbitrage dont nous parlons dans la décoration à petit budget : quelques dizaines d’euros bien placés changent une salle plus sûrement qu’un gros poste ailleurs.
Une fois le plafond habillé, on ne voit plus la salle des fêtes.
Ce qui est fourni avec
- Un chapiteau. C’est votre vin d’honneur et votre plan B pluie, et c’est souvent une ligne à mille euros ailleurs.
- Les tables et les chaises.
- Une cuisine professionnelle complète : fourneaux quatre feux, plonge, deux réfrigérateurs, lave-vaisselle industriel, plan de travail.
- Un vidéoprojecteur et un écran, pour le diaporama que votre témoin prépare en secret.
- Un parking de 30 places sur place, et cinquante autres à une minute.
- 2 400 m² de terrain entièrement clôturé, ce qui compte quand il y a des enfants.
Le traiteur n’est pas imposé et la restauration non plus : vous êtes libres. Avec une cuisine équipée à ce point, un traiteur local travaille dans de bonnes conditions, et cela se voit dans son devis.
Une réserve, en revanche : les chaises sont bleues. Il faudra donc des housses, sauf si le thème de votre mariage tombe exactement sur ce bleu-là. Mettez cette ligne dans le budget dès le début, elle se chiffre au nombre de chaises.
Trois heures du matin, et c’est écrit
Le lieu accepte les événements dansants, et annonce un arrêt impératif de la musique à trois heures.
Deux choses là-dedans sont précieuses. D’abord trois heures, c’est tard : beaucoup de salles s’arrêtent à une heure ou deux, et vous l’apprenez en signant. Ensuite et surtout, c’est écrit. Une règle claire vaut mieux qu’un arrangement flou qui se transforme en discussion à deux heures du matin devant vos invités.
Prévenez votre DJ dès la réservation, et construisez la fin de soirée autour de cette heure-là plutôt que de la subir.
Ce qu’il n’y a pas
Aucun hébergement. Le lieu n’en propose pas, et c’est la grande différence avec les domaines dont nous parlons ailleurs. Mais Poitiers est à sept minutes, avec tous ses hôtels : personne ne roule une heure pour rentrer.
Pas de climatisation, mais du chauffage. Pour un mariage d’août, prenez la question au sérieux et prévoyez le chapiteau et l’ombre du terrain.
Ni scène ni piste de danse aménagée : c’est l’espace libéré dans la salle qui fera l’affaire, et c’est pour cela que le nombre de convives compte tant.
En revanche, l’ensemble est accessible aux personnes à mobilité réduite, avec le label Tourisme et Handicap. C’est plus rare qu’on ne croit, et cela décide parfois de tout.
Ce qu’il faut demander à la visite
- Le devis : les tarifs sont sur demande. Faites chiffrer votre date, le samedi et le dimanche, et le créneau d’installation.
- Le nombre de convives, plan de table à l’appui.
- Le chapiteau : quelle taille, monté par qui, et posé où ?
- L’éclairage : peut-on éteindre les pavés lumineux et accrocher des guirlandes au plafond ? À quoi exactement ?
- Le voisinage, puisque la musique va jusqu’à trois heures.
- La veille : la salle est-elle libre pour installer ?
Le reste est dans nos douze questions à poser en visite.
Ce que nous aimons, et ce que nous aimons moins
Ce que nous aimons : les pierres apparentes et le parquet, qui sortent cette salle de sa catégorie. Le chapiteau et la cuisine compris. Les trois heures du matin. L’accessibilité. Et Poitiers à sept minutes, qui règle le couchage sans navette.
Ce que nous aimons moins : le plafond, même s’il se cache. L’absence de climatisation. Et le mobilier fourni, qu’il faudra sans doute habiller.
Ce que nous en pensons
C’est le lieu que nous proposons quand un couple nous dit : nous sommes soixante et nous ne voulons pas y laisser la moitié du budget. À ce moment-là, la question n’est plus de trouver de beaux murs, c’est de savoir où passe l’argent qu’on n’a pas dépensé : un meilleur traiteur, un vrai photographe, un groupe au lieu d’une enceinte.
Et soyons justes : une fois le plafond habillé et les tables dressées, cette salle est belle. Nous avons vu des mariages superbes dans des lieux bien moins bien dotés.
Les autres lieux dont nous parlons : Montbeil, Baillant, Aliénor d’Aquitaine, l’abbaye du Pin, la Tour d’Oyré et l’Écorcerie dans la Vienne, le Logis de l’Héronière près de La Rochelle.
La fiche du lieu : abcsalles.com.
Photographie : le Coqvert.